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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 09:30
 

"L'origine de mon premier "truc" : un accident de caméra

Quelle fut ma propre carrière et ma part dans la cinématographie? Ce serait trop long à raconter. J'abrègerai donc.
Passons sur les difficultés du début dont j'ai déjà parlé. Je commençai naturellement, comme tout le monde, en cinématographiant les sujets les plus simples, uniquement pour m'assurer du bon fonctionnement du matériel. A cette époque, d'ailleurs, la vue de l'animation d'une rue, l'arrivée d'un train, des vagues déferlant sur un rocher, des herbes brûlant dans un champ suffisaient à étonner le public et à satisfaire sa curiosité.
Puis vinrent les petits sujets comiques, joués, non par des acteurs (ces messieurs nous méprisaient profondément alors) mais par des amis ou connaissances ou par les employés de la maison. Ce fut le temps de L'Arroseur, des Colleurs d'Affiches, de La Leçon de Bicyclette, et des Scènes de Chambre.
Le hasard me fit trouver le truc de substitution par arrêt de l'appareil (le mien s'était fortuitement bloqué) et je m'empressai d'utiliser le procédé dans la vue (on ne disait pas encore Film) intitulée L'Escamotage d'une Dame chez Robert-Houdin C'était la reproduction exacte du fameux truc de Buatier de Kolta.
Le succès fut formidable. Et je me mis exécuter, dans le même ordre d'idées, nombre de sujets de plus en plus compliqués. C'est à cette époque que je peignis, en plein air, mes premiers décors afin de corser l'intérêt de conceptions de plus en plus fantastiques, à quoi les paysages naturels n'auraient pu fournir un cadre approprié, surtout lorsqu'il s'agissait de lieux purement imaginaires.
Le succès augmentait de jour en jour et la renommée des Films à trucs, dits "Star Films" (c'était ma marque) devenait mondiale en peu de temps et sans aucune publicité. » G.Méliès

Un simple arrêt de caméra ne permet pas de bons enchaînements. Il comprit tout de suite qu’il était indispensable de couper le négatif (contrairement aux films Lumière, tournés d’un seul jet) pour raccorder très précisément, à l‘image près, les deux plans du trucage. Opérer le truc dans le mouvement pour qu’il ne se voit pas, tout comme en prestidigitation. Méliès utilisera un truc à effet durable qui est la surimpression. Ce trucage qui se prolonge dans le temps nécessite un rembobinage de la pellicule, pour une seconde impression, généralement sur une réserve noire. Une fois la scène de surimpression tournée, il faut donc l’insérer dans le film et, pour se faire, pratiquer une coupure de la pellicule principale, ainsi que deux collures pour l’ajouter.


Photo « Le mélomane » Méliès 1903

Le mélomane

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Published by Les conquérants de l'illusion
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