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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 10:28
Crossing 2005

Photo: " Crossing" Bernard Philippeaux 2005

« Que faut-il comprendre quand le réel échappe à l’intitulé ? Comme avant lui René Magritte, Philippeaux pratique, à dose plus ou moins élevée, la dissociation du mot et de l’image. Il affirme que celle-ci ne ressemble pas à celui-là, coupant le cordon ombilical du sens. Le parcours de Magritte, complexe et ambigu, associe la soumission à la pensée pure et le choix de la peinture comme expression unique.
Paradoxalement, il considère la pensée comme représentable : « une image n’est pas une expression de la pensée mais est pensée » ; il se dit convaincu du bien fondé de la peinture, pour la simplification, pour la recherche de neutralité, alors qu’il n’en aime pas la cuisine : « la virtuosité est le cas de l’idiot (considéré mentalement)» . Conceptuel et traditionnel, il sait que l’exécution sert l’idée. Ainsi avec son «style aspect », pour se mesurer aux canons de la modernité, un tableau de Magritte apparaît comme une hybridation, avec un objet flottant dans la pure abstraction de l’intellect. Les Deux mystères, oeuvre de 1966, qui rassemble une pipe encadrée, sur un chevalet, une pipe flottante, un titre énoncé sur le mode négatif (« ceci n’est pas une pipe ») illustre au mieux les préoccupations de l’artiste. Chez Philippeaux, avec ou sans inscription, l’absence de fond, sa déconcertante
monochromie, ramène à l’intellection pure. »

L'humanisme cynique de Bernard Phlippeaux.
Benoît Decron, Conservateur du Musée de l’Abbaye Sainte-Croix



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Published by Les conquérants de l'illusion
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