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22 juillet 2010 4 22 /07 /juillet /2010 11:27

Émile Cohl participe à la fin du 19eme siècle à la bohème. Disciple d’André Gill, son « maître à croquer », il fait partie des groupes non conformistes Hydropathe et Incohérent. Aux côtés des Farces d’Alfred Jarry, des Monologues de Charles Cros, des Fables-express d’Alphonse Allais, co-existent déjà les trucages d’images d’Émile Cohl qui se basent sur la parodie et le calembour visuel. Cet article permet de comprendre les influences de la bohème sur l’artiste. La connaissance de l’esprit absurde et ludique de ce courant, réinvesti dans les animations de Cohl, éclaire son travail filmique. « Nous étions, en ce temps-là, un groupe jeune, composé d'artistes, de poètes, d'étudiants. On se réunissait chaque soir au premier étage d'un café du Quartier latin, on faisait de la musique, on récitait des vers. Mais la musique ne plaît pas à tout le monde, on n'aime pas toujours, lorsqu'on fait une partie de piquet ou d'échecs, à entendre chanter derrière soi, le chanteur fût-il excellent. Nous gênions souvent et nous étions gênés. Il nous fallait absolument un local à nous. De l'idée d'un local à l'idée d'un cercle, il n'y avait qu'un pas. Il fut fait, et le Cercle des Hydropathes était fondé. La création en était due surtout à l'activité d'Émile Goudeau. Il était juste qu'il en fût nommé Président» Cohl, alors jeune homme, se reconnaît à sa mine franche, bien éveillée et toujours souriante. « L’œil est doux, le nez correctement retroussé, la bouche railleuse », lit-on à son propos dans Le Tam-Tam. Son verbe comme sa bouche sont railleurs, de plus, il manie la plume avec vigueur se distinguant par des articles vifs. Quand Lorin, alias Cabriol, fait sa caricature en première page de L’Hydropathe, dont Cohl est préposé aux fonctions de secrétaire de rédaction, il le campe dans une attitude belliqueuse, tenant son pinceau comme une rapière, un pied sur les silhouettes écrabouillées des fantoches de la politique. André Gill forme son disciple, comme lui-même le fut par Gustave Courbet, dans une tradition critique et provocatrice envers les gouvernants. Si la Commune n’a pas touché directement Cohl à la période où elle fit rage, elle transpire malgré tout dans la formation qu’il reçoit de son maître, à qui il porte une admiration sans bornes. Emile Cohl, le fils de bonne famille, finit par adopter un esprit libertaire sans le savoir, tout comme Georges Méliès à la même époque.

 

Photo "L'hydropathe Emile Cohl"

 

cohl-hydropathe.jpg

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Published by Les conquérants de l'illusion
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